Le savoir des guérisseurs et les plantes médicinales en Afrique

La forêt de l’Afrique centrale est la deuxième forêt au monde après la forêt amazonienne. Dense, profonde et impénétrable, elle s’étend sur plus de 200 millions d’hectares et abrite plus de la moitié des plantes du continent.

Sur les 6400 espèces de plantes consommées en Afrique, plus de 4000 le sont pour un usage thérapeutique et 80 % de la population africaine a recours aux plantes médicinales pour se soigner.

Au Gabon, où la forêt occupe les 3/4 du territoire, il y a un « Nganga » (guérisseur) dans chaque village. Ces guérisseurs locaux ont accumulés un savoir ancestral sur les plantes médicinales. Ils gardent jalousement leurs secrets et transmettre avec parcimonie ce savoir à leurs initiés.

Pour protéger leurs secrets, les guérisseurs africains ramassent les plantes la nuit à l’abri des regards. Rentrés dans leurs cases, ils brouillent les pistes en broyant les plantes actives, en leur rajoutant du charbon pilé puis en les mélangeant à d’autres plantes.

Néanmoins, en Afrique, certaines traditions orales ont pu être transcrites par l’écrivain André Raponda-Walker. André Raponda-Walker (1871-1968) était le fils d’un explorateur anglais et d’une princesse africaine. Il sillonna le Gabon, étudiant la faune, la flore et les coutumes des régions qu’il traversait. Parlant plus d’une quinzaine de dialectes gabonais, il répertoria l’usage et le nom d’une centaines plantes médicinales. Il publiera l’ensemble de ces travaux en 1961 dans son livre « Plantes utiles du Gabon ». Parmi les plantes décrites, il identifie 3 plantes qu’il nomme « plantes de l’amour » : le kolatier, le yohimbé et l’iboga.

Les Plantes de l’amour

Les plantes de l’amour tiennent une place particulière en Afrique. En effet, la polygamie, même si elle est moins répandue qu’avant, reste pratiquée dans la grande majorité des pays africains.

Le plus célèbre des polygames est le président Jacob Zuma. Marié six fois, il a quatre épouses. Il est le père de 21 enfants issus de dix différentes mères. Jacob Zuma n’est pas le seul chef d’Etat à être dans cette situation. Ainsi, au Swaziland, le roi actuel, Mswati III a 14 épouses officielles et 23 enfants.

Cependant, la vie des chefs polygames n’est pas de tout repos. Parmi les traditions à respecter vis-à-vis des épouses, il y a celle de ne pas dormir seul dans sa chambre. Chaque soir, le mari doit choisir la femme qui partagera son lit pour la nuit.

Pour soutenir un tel rythme, les chefs africains se sont tournés naturellement vers leurs guérisseurs pour trouver une solution à leur problème masculin. Et les guérisseurs ont trouvés la solution dans la forêt africaine. Bien sur, ce genre de découverte, n’intéressait pas uniquement les chefs de tribu et les aphrodisiaques commencèrent à envahir les marchés.

Maintenant, sur les marchés africains, les vendeurs d’aphrodisiaques ont pignon sur rue et proposent un choix d’aphrodisiaques aux noms les plus insolites : le cure dent Gouro, le Kan-kan-kan, le Vuka-Vuka,…

A Kinshasa, au Congo, les aphrodisiaques africains traditionnels sont vendus partout dans la rue : débits de boisson, marchés, rues, arrêts de bus, …

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